Les canards sont des oiseaux aquatiques dotés de structures sociales complexes. Dans la nature, ils nouent des liens sociaux étroits, nagent librement et explorent leur environnement grâce à leur sens inné de l'eau. Cependant, l'industrie agroalimentaire ignore totalement ces besoins biologiques et comportementaux fondamentaux pour les exploiter massivement à l'échelle mondiale.
1. LE GAVAGE ET LA PRODUCTION DE FOIE GRAS
Pour la production de foie gras, principalement concentrée en Europe (notamment en France qui représente plus de 60 % de la production mondiale) ainsi qu'en Espagne, en Bulgarie, en Hongrie et de plus en plus en Chine, des dizaines de millions de canards subissent un gavage forcé chaque année. Dès l'âge de quelques semaines, ils sont enfermés dans des cages individuelles exiguës ou des parcs collectifs surpeuplés où ils ne peuvent ni se retourner ni battre des ailes. Deux à trois fois par jour, un tube métallique de 20 à 30 centimètres est enfoncé de force dans leur oesophage pour leur injecter en quelques secondes jusqu'à 400 grammes d'une bouillie de maïs surcalorique. Ce gavage provoque une surcharge lipidique extrême du foie, qui atteint jusqu'à dix fois sa taille normale, entraînant une stéatose hépatique pathologique, des difficultés respiratoires, des lésions de l'oesophage et une mortalité multipliée par dix à vingt par rapport à l'élevage standard.
2. L'ÉLEVAGE INTENSIF EN BATTERIE ET LES MUTILATIONS
Pour la chair et les oeufs, la grande majorité des canards sont élevés dans des hangars industriels fermés sur des sols en ciment ou sur grille métallique, sans aucun accès à l'eau libre pour nager ou se baigner, ce qui les prive de leur comportement naturel d'immersion et provoque des infections oculaires et respiratoires chroniques dues à l'accumulation d'ammoniac. Les canetons subissent des mutilations à vif, comme le parage ou le brûlage du bec (débecquage) sans anesthésie pour éviter le picage en raison de la surpopulation stressante. En élevage en batterie, la densité peut atteindre plusieurs animaux par mètre carré.
3. LE TRANSPORT ET L'ABATTAGES EN CONDITIONS EXTRÊMES
À la fin de leur courte vie (souvent entre 8 et 12 semaines pour la chair, ou après plusieurs semaines de gavage), les canards sont capturés brutalement par les pattes et entassés par dizaines dans des caisses de transport ajourées sans nourriture ni eau. Ils subissent des trajets routiers de plusieurs heures, voire de jours, subissant le froid, la chaleur et le stress intense des vibrations. À l'abattoir, ils sont suspendus par les pattes vivants sur une chaîne d'abattage, plongés dans un bac d'électrocution souvent inconstant avant d'avoir la gorge tranchée, ce qui entraîne des risques élevés d'égorgement en étant pleinement conscients si le courant est mal réglé.