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Barbarie, oui, mais un art, non ! Corrida : Une tradition qui doit s'arrêter immédiatement. Sur le site Web du CRAC EUROPE COMITÉ RADICALEMENT ANTI CORRIDA, nous apprenons, du moins en grande partie, le calvaire des taureaux sélectionnés pour cette mise à mort sordide et cruelle.


ÉLEVAGE

Lors de l'élevage, les taureaux sont sevrés avec des bâtons munis de pointes métalliques dans le nez pour les empêcher de téter. Ils sont marqués au fer rouge et les marques aux oreilles sont parfois découpées au couteau pour l'identification. Les taureaux peuvent être également soumis à un exercice de marche forcée quotidien dans des couloirs étroits afin de les endurcir musculairement, tout en subissant l'enfermement et l'isolement de leurs congénères.


TRANSPORT

Le transport des taureaux vers les villes taurines (en Espagne, en France, au Portugal ou en Amérique latine) est une épreuve douloureuse. Arrachés à leur environnement naturel et social, ces animaux sont enfermés dans des caisses de confinement en bois de moins de 2 m2. Les trajets depuis le sud de l'Espagne ou les haras (ganaderías) peuvent durer plusieurs jours, et les animaux n'ont aucune possibilité de bouger. Parfois, on les fait même voyager sur une pente inclinée, ce qui fatigue constamment leurs muscles pour maintenir leur équilibre. Au-delà de la fatigue qui en résulte, ils ne reçoivent ni eau ni nourriture. Comme le transport a lieu principalement pendant la saison estivale, certains animaux entassés perdent jusqu'à 30 kg dans les camions surchauffés. En 2001, plusieurs taureaux déshydratés ont été retrouvés sans vie dans ces camions. Lorsqu'ils arrivent à l'arène, les taureaux sont ensuite expulsés des bétaillères à coups de bâton et d'insultes, avec la même délicatesse qu'à l'embarquement.


AVANT LE "COMBAT"

Avant le combat, certaines parties du corps de l'animal sont affaiblies. Les cornes sont fréquemment sciées sur dix centimètres (bouhonnement), puis le nerf sensitif est repoussé jusqu'à la racine ou endommagé, ce qui est extrêmement douloureux et, de plus, fait perdre aux taureaux leurs repères spatiaux. Des doses massives de sédatifs, de tranquillisants ou d'anti-inflammatoires sont également administrées afin de permettre au taureau de mieux résister à la douleur qu'il devra subir dans l'arène. Les taureaux, qui ont une image mentale précise de la longueur de leurs cornes avant la mutilation, manqueront donc de toucher leurs tortionnaires lorsqu'ils essaieront de les corner, ce qui réduit considérablement le risque de blessure pour les toreros. De plus, comme les cornes du taureau sont rendues extrêmement sensibles et douloureuses, il hésitera à les utiliser pour repousser ses agresseurs. Pendant l'immobilisation dans la caisse de contention (utilisée aussi dans les abattoirs), les sabots peuvent également être limés ou même incisés. Des cales en bois sont ensuite insérées entre les sabots ou sous la sole. Cette opération déstabilisera grandement l'animal, qui aura du mal à rester tranquille et perdra sa puissance d'appui.


LE SPECTACLE

Il n'est pas nécessaire d'être à une corrida pour comprendre ce qui s'y passe réellement : la torture méthodique d'un animal sensible.

  • Premier acte (Le tercio de pique) : Dans le premier acte, deux picadors montés sur des chevaux lourds et aveuglés plantent des piques (les puyas) sur le taureau. Entre la quatrième et la septième vertèbre dorsale, les puyas sectionnent les muscles élévateurs et extenseurs du cou et, entre la quatrième et la sixième vertèbre cervicale, elles coupent les ligaments du cou. À chaque poussée du taureau, la pique s'enfonce un peu plus, jusqu'à 20 cm grâce à un mouvement de vissage exercé par le picador. C'est ce qu'on appelle "travailler le taureau". Six à huit fois de suite, la pique creuse et déchire le dos de l'animal. Pour le torero, les bénéfices d'un "travail bien fait" sont énormes. En effet, le taureau ne peut plus lever la tête et baisse obligatoirement la garde lors des différentes passes et démonstrations. Tout danger, ou presque, est éliminé. Un faux effet de "bravoure" est donné par l'impression que le taureau va charger à tout moment, alors qu'il cherche simplement à fuir la douleur intense.
  • Deuxième acte (Le tercio de banderilles) : Cette étape est généralement présentée comme un simple jeu consistant à planter des accessoires colorés sur le dos du taureau. Communément appelés banderilles, ces accessoires sont en réalité des harpons métalliques de 5 ou même 6 centimètres de long, munis d'un crochet acéré, ornés de banderoles en papier qui distraient l'attention du public. Le but honteux de ce "jeu" est de continuer à déchirer les tissus musculaires pour vider l'animal d'une partie de son sang et l'affaiblir durablement, tout en l'empêchant d'avoir une congestion pulmonaire mortelle à la suite du "travail" destructeur du picador. Il s'agit de s'assurer que le taureau ne lâche pas prise et reste debout mais exsangue jusqu'à la fin du spectacle.
  • Troisième acte (Le tercio de mort) : Le troisième acte se déroule dans la grande majorité des corridas : les corridas dites "espagnoles". Les péons effectuent à nouveau plusieurs passes devant le taureau avec leurs capes. Ils stimulent encore un peu plus l'animal épuisé et hémorragique. Le matador attire et dirige les charges du taureau à l'aide de sa muleta (le tissu rouge), ridiculisant et humiliant davantage ce pauvre animal à bout de forces. Il lui fera ensuite baisser la tête "obéissamment" afin de planter son épée de 80 cm dans un garrot déjà profondément ensanglanté et détruit. La mort apparaît alors comme une délivrance… et le matador – tueur en espagnol – comme un sauveur auprès du public ignorant. Mais souvent, l'arme est mal plantée. Elle peut ressortir par les flancs ou percer un poumon, provoquant une noyade interne. La victime semble alors vomir son sang et meurt d'étouffement par hémorragie interne lente et douloureuse. Lorsque le premier coup d'épée ne tue pas assez vite, un péon se glisse derrière la victime et, d'un geste rapide, retire l'épée ou utilise un poignard de grâce (puntillazo). Il la rend ensuite au matador qui recommencera la mise à mort si nécessaire. Il arrive que les taureaux reçoivent six à sept coups d'épée, voire plus ! Quand le taureau a l' "indécence" de ne pas tomber immédiatement, ce qui arrive environ une fois sur trois, le tueur termine sa triste tâche à l'aide d'une épée spécifique, le descabello, plantée entre les deux cornes pour sectionner la moelle épinière, ou le puntillazo pour lacérer le cerveau, laissant l'animal paralysé mais pleinement conscient de son agonie.

LES CHEVAUX

Lorsque des chevaux sont utilisés dans l'arène (portant des tabliers de protection appelés petos), ils subissent également un stress intense, des traumatismes psychologiques majeurs et des fractures de côtes dues aux charges violentes des taureaux qu'ils ne peuvent fuir. Historiquement et encore de nos jours, malgré les protections, ils sont très souvent blessés, éventrés ou tués au cours de ces spectacles.

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